C’est un groupe de plusieurs dizaines de personnes, toutes revêtues de gilets fluorescents jaune vif frappés du logo Cadyst, qui s’est élancé dans les rues de Douala le 6 juin 2026 à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année. La banderole tendue en façade de l’un des sites du groupe pose d’emblée le cadre. « Changement climatique : la prise de conscience à l’action ». Un slogan qui n’est pas resté lettre morte.
Sur le terrain de l’opération, la scène est saisissante. Des binômes transportent des filets de collecte gonflés à craquer de bouteilles en plastique vides, pendant que d’autres participants avancent avec des sacs-poubelles noirs dans les mains, gantés pour la circonstance. Au total, sur un rayon d’environ cinq kilomètres autour des installations du Groupe, près d’une tonne de déchets plastiques a été extraite de l’environnement en une seule journée.
La mobilisation ne se résume pas à la seule filiale Panzani Cameroun. C’est l’ensemble des entités du Groupe qui a participé à l’effort. Cadyst Grain, spécialisée dans la production de farine et récemment renforcée par l’intégration de la Société le Grand Moulin du Cameroun et du Grand Moulin du Phare, deux anciennes filiales du groupe Somdia reprises en août 2025 ; Cadyst Farming, dont les sites d’aviculture et de provenderie feront l’objet de plantations d’arbres dans le prolongement de cette journée ; et la SGMC, l’unité meunière désormais pleinement intégrée au périmètre Cadyst. C’est Luc Talom, Directeur Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement de Panzani Cameroun, qui prend la parole au nom du groupe pour contextualiser l’initiative.
« Les effets pervers du changement climatique sont, entre autres, les pluies diluviennes qu’on peut observer partout, les réchauffements que l’on ressent au quotidien et même dans notre zone locale », a-t-il déclaré. Et de situer la démarche dans un cadre plus large, rappelant que les activités industrielles du groupe génèrent elles-mêmes des émissions. « Nous avons des usines qui polluent, qui produisent du gaz carbonique, nous avons l’activité du farming qui produit du méthane. Tout cela contribue significativement, au travers de l’effet de serre, au réchauffement climatique. »

L’opération de collecte a été conduite en partenariat avec Namé Recycling, entreprise belgo-camerounaise fondée en 2016 dont l’activité consiste à collecter, recycler et valoriser les déchets plastiques dans les agglomérations camerounaises . Leader du recyclage des plastiques au Cameroun, Namé Recycling a collecté et recyclé depuis sa création environ 9 000 tonnes de déchets, dont 250 millions de bouteilles en plastique, évitant le rejet de plus de 30 millions de kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère. La présence de ce partenaire donne une portée concrète à l’opération. Les bouteilles collectées ne se contenteront pas d’être retirées de la voie publique, elles seront triées, nettoyées et transformées en matière première recyclée.
La journée du 5 juin n’est qu’un point de départ. Luc Talom précise que le dispositif sera déployé tout au long du mois de juin sur l’ensemble des sites du groupe. « Nous allons procéder aux opérations de plantation d’arbres sur nos sites de Cadyst Farming qui ont assez d’espace », a-t-il indiqué. Des colloques de formation et de sensibilisation ont également été organisés depuis la veille, afin que « chacun puisse prendre conscience de son impact par rapport à la protection de l’environnement ». La formule que cet acteur de Cadyst Group donne pour conclure est, « chacun qui plante l’arbre, c’est l’avenir qu’on est en train de sauver. »
Pour Cadyst Group, fondé en 2002 par Célestin Tawamba à partir d’une petite unité de fabrication de pâtes alimentaires de 25 tonnes par jour, devenu depuis un groupe diversifié présent dans la farine, les pâtes, les biscuits, la distribution de proximité, la santé et l’aviculture, avec plus de 1 500 personnes employées dans sept usines au Cameroun , l’exercice n’est pas sans fondement industriel. L’empreinte carbone d’un tel conglomérat est réelle, et l’affichage d’une politique QHSE assumée- qualité, hygiène, sécurité, environnement- répond à une attente croissante des partenaires commerciaux et des bailleurs de fonds qui intègrent désormais les critères RSE dans leurs grilles d’évaluation.
Luc Talom prend d’ailleurs le soin d’articuler l’initiative aux engagements climatiques internationaux. « Cela s’inscrit en droite ligne avec nos politiques qualité, hygiène, sécurité, environnement dans l’ensemble de nos usines, qui promeut la gestion durable de l’environnement, la gestion écologique et rationnelle des déchets, et toute action que l’on peut mener pour limiter les gaz à effet de serre », a-t-il précisé, citant explicitement les accords COP 21 et COP 22. Une façon pour le Groupe de rappeler que sa démarche environnementale s’aligne sur les obligations que le Cameroun a souscrites dans le cadre de ces conventions.



