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Crise sociale : les agents recenseurs du RGPH adressent une mise en demeure au Premier ministre, avec menace d’arrêt national

Datée du 18 mai 2026 et déposée le lendemain auprès des services du Premier ministre, une lettre de la Coordination Nationale des Agents Recenseurs du 4ème RGPH/RGAE pose neuf exigences contractuelles, financières et techniques à l'État. En l'absence de réponses écrites dans un délai de 72 heures, les signataires annoncent la suspension totale des opérations de collecte sur l'ensemble du territoire national.

by Manuella Nemaleu
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Le document, intitulé Mémorandum valant mise en demeure formelle et préavis de suspension collective d’activité, émane de la Coordination Nationale des Agents Recenseurs (AR) et Chefs d’Équipe (CE) du 4e  Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) et de son volet Agro-Pastoral (RGAE). Il a été transmis en ampliation au MINEPAT, au MINDHU, au MINADER, au MINEPIA, au BUCREP et à l’INS.

Le nœud du problème, le mémorandum dénonce des manquements jugés graves sur trois registres : contractuel, sécuritaire et technique. Les auteurs font état de retards logistiques au démarrage, d’équipements médicaux obsolètes, de frais de subsistance non versés selon un calendrier régulier, et d’une rémunération dont le net effectif serait amputé par des retenues fiscales non prévues. À cela s’ajoute un obstacle de nature socioculturelle, la persistance d’une « psychose mystique » liée à la peur du Famla freinerait la participation des ménages, rendant selon les signataires le calendrier initial irréaliste.

Neuf exigences structurées

Les agents articulent leurs revendications autour de neuf points. Sur la rémunération, ils réclament la mensualisation du versement de la rémunération forfaitaire de 150 000 FCFA TTC, et exigent que l’État prenne en charge la part fiscale (IRPP) afin de « sanctuariser un montant net à percevoir de 150 000 FCFA, à l’abri de toute retenue fiscale imprévue ».

Sur les conditions de terrain, le mémorandum exige « un audit sanitaire immédiat et le réapprovisionnement en kits d’urgence médicale pour tous les agents, particulièrement ceux déployés en zones de brousse et d’accès difficile ». Il réclame également la réévaluation des frais de transport via « une prime d’enclavement réévaluée selon la spécificité des zones, nécessitant motos, pirogues, etc. »

Sur le calendrier, les signataires demandent que la durée contractuelle de 49 jours soit décomptée « à partir de la date réelle et effective de démarrage » par zone, et non à partir d’une date administrative uniforme.

Sur les frais de subsistance, fixés à 3 500 FCFA par jour, les agents exigent « l’établissement immédiat et le respect strict d’un échéancier fixe pour ces paiements, distincts du salaire mensuel », avec prolongement automatique pour chaque jour supplémentaire lié aux blocages de terrain.

Sur la transparence, ils réclament « la publication officielle de la grille budgétaire allouée aux personnels de terrain afin de garantir la bonne gouvernance des fonds alloués par l’État et les bailleurs internationaux ».

Enfin, sur la participation des ménages au recensement, les agents demandent une « communication gouvernementale officielle et forte via les médias nationaux et les autorités locales » rappelant le caractère légalement obligatoire du recensement.

Ultimatum, 72 heures

La mise en demeure fixe au vendredi 22 mai 2026, à l’ouverture des bureaux, la date butoir pour l’obtention de « réponses écrites, concrètes et exécutoires » aux neuf exigences. Passé ce délai, la Coordination Nationale annonce « l’arrêt total et immédiat sur l’ensemble du territoire national de toutes les activités de collecte de données ». Le texte précise que « la responsabilité d’une éventuelle paralysie ou du naufrage scientifique de ce projet incombera exclusivement aux instances de gestion ».

En rappel, le 4e  Recensement Général de la Population et de l’Habitat est le premier organisé au Cameroun depuis celui de 2005, soit un intervalle de plus de vingt ans. Il est conduit par le Bureau Central des Recensements et des Études de Population (BUCREP), sous la tutelle du MINEPAT, avec l’appui technique et financier de partenaires internationaux dont le FNUAP. L’opération couvre les dix régions du Cameroun et mobilise plusieurs milliers d’agents recenseurs déployés sur le terrain. Le volet RGAE (Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage) constitue son composante agro-pastorale. Les données issues de ce recensement sont appelées à servir de référence pour la planification du développement national à l’horizon 2035.

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