C’est au Club du Port Autonome de Douala, symbole même de l’ouverture commerciale du Cameroun sur le monde, que s’est tenue ce mardi la cérémonie d’ouverture de la Rencontre de la Francophonie Économique. Le thème retenu, « Intégration des PME dans les chaînes de valeur régionales à l’aune de la ZLECAF », dit à lui seul l’ambition et l’urgence du moment.
Présidant les travaux, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a d’emblée posé le diagnostic. Les PME constituent le socle des économies francophones. Au Cameroun, elles forment un tissu de plus de 443 000 entreprises, levier incontournable de l’emploi et de la croissance. Mais leur intégration dans les circuits régionaux reste insuffisante face aux exigences d’un continent en recomposition.
Pour y remédier, le MINPMEESA a engagé plusieurs réformes structurantes telles la structuration des réseaux d’acteurs, la constitution de filières prioritaires, l’saccompagnement à la normalisation des produits, soutien aux incubateurs et à l’entrepreneuriat féminin et jeune, notamment via l’initiative SheTrades. Un arsenal de politiques publiques destiné à professionnaliser un tissu entrepreneurial encore trop fragmenté.
Mais c’est la ZLECAF qui a concentré l’essentiel des attentions. Avec un marché de plus d’un milliard de consommateurs, l’accord continental représente, selon le ministre, « une opportunité historique » que le Cameroun ne saurait laisser passer. « L’intégration dans les chaînes de valeur régionales n’est plus une option, mais un impératif », a-t-il martelé, appelant à un dialogue public-privé renforcé pour en tirer pleinement parti.
L’horizon fixé est ambitieux et vise à porter la contribution du secteur secondaire à près de 37 % du PIB d’ici 2030 et accroître substantiellement la part des exportations de produits manufacturés. En clair, tourner la page d’une économie exportatrice de matières premières pour embrasser celle de la transformation à forte valeur ajoutée.
En clôture, Bassilekin III a lancé un appel mobilisateur, voir émerger des PME capables de « se hisser au rang de véritables industries, moteurs de croissance et de prospérité pour le Cameroun et l’ensemble du continent africain ». Une vision qui fait écho aux ambitions de toute la Francophonie économique, qui est tournée vers l’intégration et la compétitivité.



