La salle de conférence de l’Hôtel Platinum Cocotier affichait, dès les premières heures de la matinée, une effervescence peu commune. Chefs d’entreprise, représentants d’administrations publiques, délégués de la Chambre de commerce américaine et officiels en tenue de circonstance se pressaient autour des tables drapées aux couleurs bleu et blanc de l’organisation ALA.
C’est dans cette atmosphère studieuse qu’Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), a pris la parole pour déclarer ouverts les travaux. Désigné représentant personnel du Chef du gouvernement par une correspondance du Cabinet du Premier ministre datée du 22 mai 2026, le ministre a rappelé d’emblée la vigueur du tissu entrepreneurial national : 21 132 entreprises ont été créées au Cameroun en 2024, contre 19 651 en 2023, dont 9 488 par des jeunes. Des chiffres encourageants, mais qui masquent encore des difficultés structurelles persistantes à l’exportation.
Des PME performantes, mais freinées à l’export
Le tissu économique camerounais est composé à 99,8 % de PME, a-t-il rappelé. Pourtant, leur présence sur les marchés internationaux demeure marginale. C’est précisément pour réduire cet écart que le programme Export Readiness Training, porté par American Liaison in Africa, a été conçu, avec pour ambition de doter les entrepreneurs des outils pratiques, des connaissances réglementaires et des connexions nécessaires pour franchir avec succès les portes du marché américain.
Émilie Siewe, promotrice de la plateforme, a insisté sur le choix délibéré du marché américain comme cible prioritaire. Les standards de qualité y sont particulièrement exigeants, et les exportateurs qui s’y conforment acquièrent une crédibilité leur permettant d’accéder ensuite à d’autres marchés tout aussi sélectifs. « Ce programme couvre les aspects de structuration, de logistique, de conformité réglementaire, de normes, de traçabilité, de mise en relation et de protection juridique », a-t-elle précisé, en annonçant que l’ensemble de ces modules serait traité sur deux jours de formation intensive.
Juana Jomo, représentante de l’Ambassade des États-Unis, a tenu à saluer la densité de la mobilisation institutionnelle. « Votre présence ici n’est pas seulement un honneur, c’est le témoignage d’un élan collectif qui rapproche nos deux nations », a-t-elle déclaré, soulignant son rôle de passerelle commerciale entre le Cameroun et les États-Unis en sa qualité de responsable des affaires commerciales pour l’ensemble du territoire camerounais. Elle s’est appuyée sur les travaux antérieurs conduits autour de l’AGOA, mécanisme américain ouvrant quelque 6 000 lignes tarifaires aux exportations africaines- pour illustrer le potentiel encore largement sous-exploité par les acteurs camerounais.
Le Cameroun est éligible à l’AGOA et bénéficie également des avantages relatifs aux textiles et aux produits manufacturés. Une fenêtre que le programme ATA 2026 entend précisément aider les PME à franchir.

La présence du ministre Bassilekin III en qualité de représentant du Premier ministre a conféré à la cérémonie une portée symbolique notable. Elle traduit l’alignement de cette initiative avec la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 et le Plan triennal d’import-substitution 2024-2026, deux feuilles de route auxquelles le MINPMEESA est directement arrimé. Le PNaDEC – Plan national de développement de l’entrepreneuriat au Cameroun- nécessite un financement de 15 milliards de FCFA pour la période 2024-2030, pour un ensemble de 78 projets.
La session de formation, qui se déroule les 28 et 29 mai 2026, regroupe des micro-entreprises, des PME, des coopératives et des promoteurs individuels sélectionnés pour leur potentiel à l’export. Les modules portent notamment sur la connaissance du marché américain, les procédures douanières, la fiscalité, le réseautage, l’emballage et le packaging. Une photo de famille regroupant l’ensemble des participants et des officiels, prise en marge de la cérémonie d’ouverture, a immortalisé ce moment de convergence entre ambitions nationales et partenariat transatlantique.



