C’est à Douala que le Contrôle supérieur de l’État (Consupe) a choisi d’installer, du 22 au 24 avril 2026, le cadre d’une formation inédite dans sa portée territoriale. Des délégués régionaux issus de plusieurs ministères, des ordonnateurs, des gestionnaires de crédits publics et des vérificateurs internes d’entités publiques ont répondu présent pour trois journées de travail intense autour des notions d’irrégularité, de faute de gestion, de préjudice et de responsabilité pour faute de gestion. La cérémonie d’ouverture a réuni, autour de la ministre déléguée à la Présidence chargée du Contrôle supérieur de l’État, le gouverneur de la Région du Littoral, le Chef du bureau pays de la Banque africaine de développement au Cameroun, ainsi que les hauts responsables du CONSUPE et du Conseil de discipline budgétaire et financière.
Mbah Acha, née Rose Ngwari, ministre déléguée à la Présidence chargée du Consupe leur a donné un message. « Vous êtes en vos qualités de délégués régionaux des relais essentiels de l’action publique et les garants de sa crédibilité auprès de la population. Ces responsabilités appellent une exigence constante de régularité, de rigueur, d’intégrité et de professionnalisme. »
Le choix de Douala pour abriter cet atelier n’est pas bénin. La capitale économique concentre une densité administrative et budgétaire significative, et les services déconcentrés de l’État y sont particulièrement exposés aux risques de gestion. Certes, les travaux de Douala rassemblent des responsables sus-indiqués provenant du Centre, Sud et du Littoral.
A tout ce monde-là, un rappel. « Dans sa marche résolue vers l’émergence à l’horizon 2035, le Cameroun a érigé le renforcement de la gouvernance financière en pilier fondamental de sa stratégie de développement. La stratégie nationale de développement 2020-2030 appelle à une gestion rigoureuse, transparente et efficiente des ressources publiques afin que chaque franc du contribuable soit utilisé au service de l’intérêt général », a souligné la ministre.
Sur le fond, l’atelier répond à un constat préoccupant. Malgré les réformes engagées, les services déconcentrés de l’État restent exposés à des irrégularités récurrentes lors des contrôles, à une appropriation insuffisante des textes en vigueur et à une maîtrise approximative des procédures budgétaires et comptables. Ces déficits fragilisent non seulement l’efficacité de la dépense publique, mais aussi la crédibilité de l’administration vis-à-vis des citoyens et des partenaires au développement.
Le rassemblement de plusieurs Régions se justifie. « Les difficultés rencontrées dans une Région peuvent éclairer les solutions adoptées dans une autre région. C’est pourquoi nous attendons de cet atelier des résultats concrets et mesurables. Nous ne voulons pas repartir d’ici comme nous y sommes arrivés », a souligné le Consupe.
Financé par la Banque africaine de développement à travers le Projet d’appui à la gouvernance des finances publiques (PAGFIP), l’atelier traduit l’engagement renouvelé de l’institution panafricaine aux côtés du Cameroun dans la modernisation de ses systèmes de contrôle. À l’issue des travaux, les participants sont attendus sur la formulation de recommandations pratiques destinées à améliorer les procédures internes et, le cas échéant, à être portées à l’attention des autorités compétentes dans l’esprit, rappelle la ministre, d’une « République exemplaire » telle que prônée par le Chef de l’État.



