Des ballots de papier hygiénique empilés sur plusieurs mètres, des cartons de serviettes hygiéniques Softcare, des sacs siglés « Thank You » entassés devant l’entrée principale de la prison centrale de Douala, un camion dont le hayon libère rouleau après rouleau sous l’œil des manutentionnaires. La scène se déroule devant l’entrée principale de la maison d’arrêt de la capitale économique, entre motos garées et bâtiments à la peinture écaillée, avant l’acheminement de la cargaison dans l’enceinte de la prison centrale de New Bell.
Siapharma, société de droit camerounais présente sur le marché pharmaceutique depuis 2009, chiffre ce don à 17 millions de francs CFA, répartis entre médicaments et produits d’hygiène. Yolande Djomo, directrice générale, insiste sur la nature institutionnelle de la démarche. « C’est la société Siapharma qui est une société de droit 100% camerounais qui fait ce don », déclare Yolande Djomo, figure de proue de Siapharma.
La priorité du don va aux femmes détenues. « Je suis une femme donc la priorité aux femmes », explique la dirigeante, qui détaille la composition de la cargaison, papier hygiénique, solutions dermiques et produits d’entretien, justifiée par les conditions sanitaires en milieu carcéral. « Compte tenu de la promiscuité, il y a beaucoup de problèmes dermiques », précise-t-elle, présentant le don comme une réponse ciblée à cette réalité.

La prison centrale de New Bell, construite au début du XXe siècle pour une capacité proche de 800 places, héberge aujourd’hui plusieurs milliers de détenus selon des témoignages et publications relayant la situation carcérale à Douala, une prison construite à l’époque coloniale pour près de 800 détenus qui en accueille aujourd’hui plusieurs milliers, femmes, mineurs et hommes confondus L’établissement, principal centre pénitentiaire de la région du Littoral, fonctionne en sureffectif chronique, une situation qui a conduit les autorités à envisager l’ouverture d’un nouveau site pénitentiaire à Douala pour désengorger New Bell.
Pour Siapharma, ce don ne constitue pas un acte isolé. La directrice générale le rattache à un programme structuré de responsabilité sociétale déjà engagé auprès d’autres publics. « Nous le faisons avec les pensionnaires, demain ce sera avec les étudiants. Nous accordons des bourses aux étudiants, nous offrons la possibilité aux stagiaires de venir faire des stages chez nous », indique-t-elle, situant l’implantation d’Akwa comme point de départ géographique de cet engagement sociétal.
L’entreprise revendique un ancrage local fort et un statut de partenaire de santé pour les populations vulnérables. Les banderoles installées sur le site de remise, visibles derrière les piles de cartons, affichent le slogan « votre partenaire santé » et mettent en avant un personnel jeune, jugé qualifié et une logistique dédiée à la distribution de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques sur le territoire camerounais. « Je préfère que vous reteniez Siapharma, ce n’est pas Yolande Djomo qui fait des dons », conclut-elle, avant que les équipes ne poursuivent le déchargement du camion vers l’enceinte pénitentiaire.
