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General Bank of Cameroon : Victor Noumoué tente de s’octroyer une signature de 15 milliards de FCFA, soit 3 000 fois le plafond ministériel

Deux mois après la nationalisation de l'ex-Société générale Cameroun, le nouveau directeur général [photo]de la General Bank of Cameroon a réclamé un droit de signature unilatéral fixé à 15 milliards de FCFA, avant de tenter d'orienter les financements d'urgence de l'établissement vers un réseau d'entités liées à ses proches. Le conseil d'administration a bloqué la manœuvre le 15 juillet.

by Aloys Onana
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Le 12 mai 2026, l’État du Cameroun rachetait 58,08 % des parts détenues par le groupe français Société Générale, pour 129 milliards de FCFA, portant sa participation globale à 83,68 % aux côtés de SanlamAllianz (16,32 %). L’opération devait consacrer le retour de l’État dans le capital bancaire national. Deux mois plus tard, lors du premier conseil d’administration de la General Bank of Cameroon, le 15 juillet à Yaoundé, cette ambition affichée s’est heurtée à une première crise de gouvernance.

Durant ses deux premiers mois de fonction, Victor Noumoué, confirmé directeur général de l’établissement, a réclamé un seuil de signature individuelle fixé à 15 milliards de FCFA. À titre de comparaison, un ministre de la République dispose d’une signature plafonnée à 4,9 millions de FCFA pour les marchés publics de gré à gré sans validation préalable. Le seuil réclamé par le directeur général représentait donc environ 3 000 fois ce plafond. Saisi de cette demande, le conseil d’administration l’a rejetée et a introduit des garde-fous internes pour empêcher toute prise de contrôle unilatérale sur les actifs de la banque.

L’examen des dossiers de financement prioritairement instruits par la direction générale durant cette période fait apparaître une concentration des demandes d’urgence sur un nombre restreint d’entités. Les structures Green Oil, dirigée par Guillaume Mbakam Chougha, et Africa Petroleum S.A. figurent parmi les dossiers cités. Le cas le plus documenté concerne les Laboratoires Biopharma, fondés par Francis Nana Djomou : lourdement endettée et écartée par les autres banques de la place au regard de son ratio de solvabilité, l’entreprise s’est vu proposer par Victor Noumoué une enveloppe de 2 milliards de FCFA tirée de l’épargne publique.

Le rejet opposé par le conseil d’administration à ces premières décisions constitue, à ce stade, le seul contre-pouvoir effectif face à la direction générale. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), censée encadrer la transition selon les garanties formulées lors du rachat, n’est pas intervenue publiquement à ce jour sur ce dossier. Le soutien dont bénéficierait Victor Noumoué auprès de la présidence de la République, via un ancien camarade de promotion siégeant dans plusieurs conseils d’administration stratégiques, reste à ce stade documenté par des sources internes à l’établissement, non confirmé par une source officielle.

L’enjeu dépasse la seule gouvernance interne de la General Bank of Cameroon. La banque, née de la reprise d’un établissement systémique par l’État actionnaire, gère l’épargne de déposants situés sur l’ensemble du territoire national. Une orientation sélective des capacités de crédit vers un nombre restreint de bénéficiaires, si elle se confirmait dans la durée, poserait la question de la soutenabilité du modèle de gouvernance retenu pour cette nationalisation, et de la capacité de l’État actionnaire à faire respecter ses propres garanties de transition.

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