Le groupe Somdia a annoncé, le 13 août 2026 à Paris et à Douala, la signature d’un accord avec un consortium industriel et financier camerounais portant sur la cession de sa participation dans la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM). L’opération, encore soumise à certaines conditions suspensives, met fin à plusieurs mois de discussions engagées pour déterminer l’avenir de l’entreprise.
SOSUCAM couvre environ un tiers de la consommation nationale de sucre. Elle exploite deux complexes agro-industriels à Mbandjock et à Nkoteng, dans la région du Centre, adossés à un domaine agricole de 27 600 hectares, et emploie plusieurs milliers de personnes. Fondée en 1965, elle constitue le premier employeur privé de sa région d’implantation.
Le consortium repreneur réunit cinq associés camerounais. Joseph Pagop Noupoué, avocat d’affaires et entrepreneur, actif dans l’agro-industrie, l’élevage et le conseil aux entreprises à travers ECA Conseils, est également président du conseil d’administration de Savannah Energy Plc, cotée à la bourse de Londres. Henriette Noutchougouin dirige le groupe NJS, positionné dans le secteur avicole en Afrique centrale. William Nkontchou, ingénieur et financier, a cofondé la plateforme d’investissement AFIIP. Igor Djoukwé est ingénieur spécialisé dans les équipements de sucrerie, avec une expérience à la Compagnie Sucrière du Sénégal. Marcel Tchagongom, expert-comptable, complète le groupe en tant qu’administrateur de sociétés.
Selon le communiqué, ce consortium réunit « la capacité de financement, la connaissance de l’environnement des affaires camerounais et l’expérience opérationnelle nécessaires à la conduite d’un projet industriel de cette ampleur ».
Le projet porté par les repreneurs s’appuie sur un programme d’investissement pluriannuel de 210 millions d’euros, soit environ 137,7 milliards de FCFA, orienté en priorité vers le développement de l’outil de production et l’extension de l’irrigation du domaine agricole. Il vise, selon les termes du communiqué, à « moderniser l’outil agricole et industriel, améliorer les performances opérationnelles, mieux valoriser les co-produits, préserver l’emploi, développer les compétences locales et renforcer la production sucrière nationale ».
Le directeur général de Somdia, Olivier Parent, confie que l’accord représente « une solution solide et porteuse d’avenir pour SOSUCAM », ajoutant que le projet du consortium répond à la volonté commune « de préserver les acquis de l’entreprise tout en lui donnant les moyens d’accélérer son développement ». Il a également indiqué que le Cameroun reste, pour le Groupe Castel, actionnaire majoritaire de Somdia, le premier pays en termes de ventes, avec un montant d’investissements supérieur à 750 millions d’euros, soit environ 491,9 milliards de FCFA, consacré au pays au cours des cinq dernières années.
De son côté, Joseph Pagop Noupoué, porte-parole du consortium, indique que SOSUCAM est « une entreprise stratégique pour le Cameroun, forte d’une histoire, d’un savoir-faire reconnu et d’équipes engagées ». Il précise que l’ambition du consortium consiste à construire, avec les salariés et les partenaires de l’entreprise, « un projet industriel camerounais durable, capable de renforcer la production locale, de maintenir et soutenir l’emploi et de contribuer à renforcer la production nationale sucrière ».
Durant la période de transition, l’État du Cameroun, Somdia, le consortium et les équipes de SOSUCAM doivent travailler ensemble pour assurer la poursuite des opérations et préserver la qualité des relations avec les salariés, les clients, les fournisseurs et l’ensemble des parties prenantes. La réalisation définitive de la transaction reste soumise aux conditions habituelles applicables à ce type d’opération. Les deux parties ont indiqué qu’elles communiqueront ultérieurement sur les prochaines étapes du processus.
Créé en 1970, Somdia est un groupe agro-industriel présent en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, à travers des filiales implantées au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire et au Tchad. Il produit et commercialise du sucre, des farines, de l’alimentation animale et des produits d’élevage, et emploie environ 9 000 collaborateurs, pour un siège social situé à Paris.
