Le commerce entre les 54 pays du continent a atteint 213,8 milliards de dollars en 2025, en hausse de 5,47 % par rapport à 2024, selon l’édition 2026 du rapport African Trade Report publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Ces échanges intra-africains représentent désormais environ 14 % du commerce total de marchandises du continent, évalué à 1 466,7 milliards de dollars. La progression s’appuie sur la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), l’amélioration des infrastructures de transport et le renforcement des politiques commerciales nationales.
Le rapport confirme la concentration des échanges autour d’un nombre limité d’économies. Dix pays regroupent près de 60 % du commerce intra-africain. L’Afrique du Sud conserve la première place avec 19,2 % des échanges, suivie de la République démocratique du Congo (6,74 %) et de la Côte d’Ivoire (4,83 %). L’Ouganda, le Maroc, l’Égypte, la Zambie, le Nigeria, le Zimbabwe et la Namibie complètent ce classement, aucun pays de la zone franc d’Afrique centrale n’y figurant.
La zone Cemac connaît une évolution contraire à la tendance continentale. Selon les estimations de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) reprises par Afreximbank, l’excédent commercial régional est tombé à 3 370 milliards de FCFA en 2025, contre 6 914 milliards de FCFA en 2024, une contraction de plus de moitié en un an. Le recul des prix du pétrole et le ralentissement de la demande mondiale expliquent l’essentiel de cette évolution. Le Gabon reste le premier contributeur à cet excédent régional, avec un solde positif de 4 008,9 milliards de FCFA (environ 6,9 milliards de dollars), porté par ses ventes de pétrole, de manganèse et de bois. Le Congo, deuxième exportateur de la sous-région, voit son excédent chuter de plus de 70 %, à 720,5 milliards de FCFA, ses exportations reculant de 10,15 % pendant que ses importations bondissent de 54,85 %.
Le Cameroun occupe une position plus modeste dans ce paysage régional. Le pays figure au 19ᵉ rang des exportateurs africains avec 1,1 % de parts de marché, derrière le Congo (16ᵉ, 1,4 %) et le Gabon (17ᵉ, 1,3 %), selon les données reprises par Investir au Cameroun à partir du rapport Afreximbank. Sur le plan national, l’Institut national de la statistique indique que les recettes d’exportation camerounaises ont reculé de 5,2 % en 2025, à 3 084 milliards de FCFA, pendant que les importations ont progressé de 4,6 %, portant le déficit commercial global du pays à 2 145,2 milliards de FCFA, contre 1 747,3 milliards en 2024.
Le poids du continent dans les échanges extérieurs du Cameroun reste limité. En 2024, les exportations camerounaises vers l’Afrique représentaient 9,4 % des recettes totales, et les importations en provenance du continent 10,9 % des dépenses, selon l’INS.
Le Tchad demeure de loin le premier client africain du Cameroun, absorbant à lui seul près de 60 % des exportations camerounaises vers le continent, essentiellement des huiles brutes de pétrole, du savon de ménage et des bois sciés. La République centrafricaine, l’Afrique du Sud et le Nigeria suivent, loin derrière. Côté importations, le Nigeria est le premier fournisseur africain du Cameroun, devant la Côte d’Ivoire, le Togo, le Maroc et la Mauritanie, sans qu’aucun pays africain ne dépasse 3 % des parts de marché face à la Chine, qui concentre à elle seule plus de 22 % des importations camerounaises.
Un Camerounais, George Elombi, a par ailleurs été élu à la présidence d’Afreximbank lors de l’assemblée générale de la banque tenue à Abuja en 2025, où le rapport 2025 avait été présenté avant l’édition 2026.
