Cadyst Grain, filiale farine du groupe agro-industriel camerounais Cadyst, a procédé le 5 août 2026 au lancement officiel de Soft Baker, une farine dédiée à la fabrication de pains moelleux. L’événement a réuni des boulangers venus des quatre régions du Cameroun, déjà utilisateurs du produit après une phase de test dans leurs unités de production. La rencontre a permis de recueillir leurs retours d’expérience, de confirmer les performances du produit et de faire déguster des pains réalisés avec cette farine.
Selon Cadyst Grain, Soft Baker se distingue par sa capacité à produire une mie généreuse, une texture agréable et un résultat constant à la cuisson. Le produit vise le segment professionnel de la boulangerie, dans un marché camerounais de la farine où les fabricants de pain « Kumba », de viennoiseries et de pâtisseries sucrées recherchent des farines à forte capacité d’absorption d’eau et de résistance à la fermentation.
Le lancement de Soft Baker s’inscrit dans une phase d’expansion de Cadyst dans la meunerie. Créé en 2002 par Célestin Tawamba avec La Pasta, une unité transformant alors 25 tonnes de blé par jour, le groupe a porté sa capacité de mouture à 1120 tonnes par jour vingt ans plus tard, notamment grâce à la mise en service, en janvier 2024, d’une nouvelle usine de La Pasta à Kribi. Cette unité, construite pour 13,5 milliards de FCFA sur près de deux hectares dans la zone industrialo-portuaire du Port autonome de Kribi, ambitionne de transformer 100 000 tonnes de blé par an, soit 12 000 sacs de farine de 50 kg par jour, avec une capacité d’écrasement annoncée à 300 tonnes de blé par jour.
Le 6 août 2025, Cadyst a franchi une nouvelle étape en reprenant la Société le Grand Moulin du Cameroun (SGMC) et la Société le Grand Moulin du Phare (SGMP), deux filiales du groupe Somdiaa. Cette acquisition, qui inclut la gestion du Terminal céréalier de Douala, a consolidé la position de Cadyst comme premier meunier du Cameroun et a étendu ses activités à la République du Congo. Elle ouvre aussi des perspectives en amont, dans l’approvisionnement et l’alimentation animale, et en aval, dans les produits agroalimentaires finis.
Cette montée en puissance industrielle se déploie dans un contexte où le blé pèse lourdement sur la balance commerciale du pays. Selon l’Institut national de la statistique, le Cameroun a importé 887 000 tonnes de blé en 2023, pour une facture de 178,3 milliards de FCFA. En 2024, cette facture a grimpé à 214,1 milliards de FCFA, en hausse de 20 % sur un an, faisant du blé la deuxième céréale la plus importée du pays après le riz. En 2025, les importations de froment et de méteil sont redescendues à 187,8 milliards de FCFA, en baisse de 12,3 %, dans le sillage du recul de la facture céréalière globale du pays, ressortie à 466,9 milliards de FCFA sur l’année.
Ce blé importé demeure la matière première quasi exclusive des minoteries camerounaises, dont la capacité installée dépasse un million de tonnes par an pour une demande évaluée à environ 600 000 tonnes, selon des données du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Les pouvoirs publics ont par ailleurs validé un plan de développement de la filière blé doté de 417 milliards de FCFA sur la période 2024-2028, avec l’objectif de produire localement 350 000 tonnes de blé marchand à l’horizon 2028, pour réduire de 35 % la dépendance du pays aux importations.
Avec Soft Baker, Cadyst Grain cherche à renforcer sa présence dans le segment professionnel de la boulangerie, dans un marché de la farine où le secteur informel des beignetiers représenterait à lui seul environ 40 % de la demande nationale.
