Le Compact Énergétique de la République du Cameroun, validé en août 2025 puis présenté au Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) en janvier 2026, ouvre au patronat un ensemble de créneaux d’investissement destinés à combler une partie des 6,4 milliards de dollars encore à financer sur les 12,5 milliards que requiert la feuille de route énergétique du pays à l’horizon 2030.
Le premier volet concerne le remplacement de 50 000 supports bois par des supports béton sur le réseau de distribution, un programme dont 10 000 unités sont déjà réalisées par des entreprises privées. Le deuxième porte sur la migration et la pose de nouveaux branchements, avec un objectif de 2,5 millions de compteurs supplémentaires, présenté comme un marché ouvert aux investisseurs. Le troisième volet touche la production elle-même, où le secteur privé pourrait accroître sa participation dans un cadre assaini.
Selon le ministère de l’Eau et de l’énergie, trois autres axes concernent plus directement l’organisation du réseau. Le segment du transport de l’électricité, historiquement réservé à la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel), sera ouvert aux investissements privés, une réforme déjà confirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie à travers des partenariats public-privé annoncés pour les lignes haute tension. L’État prévoit également d’intensifier la maintenance du parc de transformateurs moyenne et basse tension, évalué à près de 15 000 unités, une opération que le secteur privé pourrait assurer localement plutôt que par recours systématique à l’importation d’expertise.
Le sixième point vise la fabrication et l’installation d’équipements liés aux énergies renouvelables, hors grande hydroélectricité. Des incitations fiscalo-douanières sont annoncées pour accompagner cette filière, dans la continuité de la circulaire du ministre des Finances Louis Paul Motazé, signée en février 2026, qui exonère temporairement de droits de douane une liste d’équipements destinés à la production d’énergie renouvelable. L’objectif affiché est de porter la part de ces énergies à 10 % du mix électrique national d’ici 2030, contre un niveau resté marginal jusqu’ici.
Ces six ouvertures s’inscrivent dans un besoin de financement où 6,5 milliards de dollars, soit environ 3 674 milliards de FCFA, sont attendus du secteur privé pour couvrir près de la moitié du Compact. Le gouvernement met en avant, pour rassurer les investisseurs, la préparation d’une loi sur l’électricité attendue avant fin 2026, la création annoncée d’un guichet unique pour les projets du Compact et un fonds de stabilisation des paiements destiné à couvrir d’éventuels défauts temporaires. Reste à savoir si ces engagements suffiront à convertir l’intérêt affiché du patronat en décaissements effectifs, dans un secteur où le recouvrement des factures et la fiabilité du réseau demeurent des points de vigilance constants pour les opérateurs.



