Land Matrix confirme le chiffre de 4 millions d’hectares transférés ou concédés à des investisseurs étrangers dans le cadre de projets agricoles, forestiers, miniers ou d’infrastructures. Cette superficie représente 8,5 % du territoire national, l’équivalent de la surface totale de la Suisse. En revanche, le classement du Cameroun au troisième rang mondial des pays ayant cédé le plus de terres à l’étranger ne trouve pas de confirmation systématique dans les études universitaires consultées, qui placent plutôt le pays parmi les dix nations africaines les plus concernées, loin derrière Madagascar, l’Éthiopie ou la République démocratique du Congo.
Les investisseurs viennent principalement de Singapour, de Chine et des États-Unis. Certains investisseurs contrôlent plusieurs dizaines de milliers d’hectares de palmeraies dans le Littoral et le Sud, pour la production d’huile de palme. Le groupe singapourien GMG Global, filiale du conglomérat d’État chinois Sinochem, exploite à travers Hévécam et Sudcam Hévéa plus de 90 000 hectares dans le Sud, consacrés à la culture de l’hévéa destinée aux marchés asiatiques du caoutchouc. Une joint-venture qui a reçu en 2013 près de 45 000 hectares supplémentaires sous un régime que Greenpeace juge contraire à la loi camerounaise sur le domaine national.
La société chinoise IKO, filiale du groupe public Shaanxi Land Reclamation, exploite pour sa part 10 000 hectares dans le Centre pour la riziculture et la culture du maïs, dans le cadre d’un bail de 99 ans signé en 2006.
Le projet Camvert, quant à lui, entend convertir 60 000 hectares de forêt jouxtant le parc national de Campo Ma’an en plantations de palmiers à huile. Des concessions minières et forestières s’ajoutent à ces surfaces agricoles, sans qu’un inventaire national consolidé et public en recense l’étendue exacte à ce jour.



