Le 2 juillet 2026, Africa Intelligence publie un article titré « Comment la Société nationale des hydrocarbures a fait dérailler la stratégie gazière du pays ». Le média français impute à la SNH la responsabilité du départ du FLNG Hilli Episeyo, présenté comme une plateforme unique d’exportation de gaz naturel liquéfié pour le Cameroun. La SNH réagit par une note de clarification qui conteste chacun des points soulevés.
L’entreprise publique rappelle que le Hilli Episeyo, mis en service au large de Kribi en 2018 pour huit ans, exploitait un gisement dont les réserves récupérables initiales avoisinaient 600 milliards de pieds cubes. Le déclin naturel du champ, selon elle, explique le retrait de l’unité, propriété du norvégien Golar LNG. Elle relève par ailleurs que Golar avait déjà, dès 2024, conclu un préaccord avec le consortium Southern Energy pour le redéploiement de la plateforme vers un autre marché, ce qui retire au dossier tout caractère de blocage imputable au Cameroun.
Sur le volet des recettes, la SNH précise que le gaz des champs concernés continuera d’alimenter par gazoduc la centrale de la Kribi Power Development Co, tout en écartant l’idée d’un effondrement durable des revenus tirés d’une simple fluctuation conjoncturelle. Concernant le torchage, elle met en avant un programme de valorisation terrestre du gaz associé, orienté vers la production électrique et l’industrie nationale plutôt que vers l’exportation.
L’entreprise publique bâtit l’essentiel de sa réplique sur le bilan des douze derniers mois. Le 3 février 2026, le Cameroun et la Guinée équatoriale ont signé un accord d’unitisation ouvrant la voie au développement du champ transfrontalier Yoyo-Yolanda, aux réserves estimées à 2 500 milliards de pieds cubes, pour un investissement d’environ 4 milliards de dollars, sous conduite de Noble Energy, filiale de Chevron. Lancé le 1er août 2025, l’appel d’offres international portant sur neuf blocs d’exploration situés dans les bassins de Rio del Rey et Douala/Kribi-Campo a déjà abouti à des négociations sur cinq blocs : Murphy West Africa en obtient quatre, Octavia Energy récupère le bloc Bolongo.
La SNH conclut que le retrait d’un équipement en fin de cycle ne saurait résumer une stratégie nationale, et revendique la construction d’un portefeuille gazier plus diversifié que celui reposant sur une seule unité flottante.



