A Bafoussam à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des Maires des Villes du Cameroun (AMVC) l’on a procédé à la présentation de jesuisaucameroun.com. près de 200 maires ont fait le déplacement. Le site internet présente la vie dans les collectivités territoriales décentralisées dans plusieurs domaines aussi variés que l’entrepreneuriat, l’éducation, la santé ou l’innovation. Le lancement de cette plateforme marque l’aboutissement d’un travail engagé depuis février, lorsque les Points focaux Diaspora des 14 grandes villes membres de l’AMVC ont suivi une formation à Douala.
Depuis, les équipes municipales se préparaient à intégrer cet outil dans leur communication et leur gestion de projets. La plateforme, accessible à l’adresse [ici], permet aux Camerounais établis à l’étranger de répondre directement aux besoins exprimés par les villes, qu’il s’agisse d’investissements, de compétences techniques, d’équipements ou de partenariats.
Sur le terrain, les organisateurs insistent sur la dimension structurante du dispositif. Selon les documents diffusés lors de l’assemblée, la plateforme a vocation à remplacer l’engagement informel et communautaire qui caractérisait jusqu’ici les relations entre la diaspora et les territoires d’origine, par un cadre plus structuré, construit autour de projets locaux clairement identifiés. Les membres de la diaspora peuvent soumettre leurs propres projets, compétences ou initiatives aux villes partenaires, dans une logique d’échange direct, sans intermédiaire.
Au-delà de la mobilisation des talents, la plateforme intègre des outils d’intelligence artificielle destinés à accompagner les mairies dans leur transformation numérique. En quelques minutes, les équipes municipales peuvent générer des communiqués de presse, des discours de maires, des actualités municipales, des comptes rendus de réunions ou encore des publications pour les réseaux sociaux. L’objectif affiché est de renforcer la communication territoriale et de faire gagner du temps aux services concernés, tout en améliorant la visibilité des actions menées au service des citoyens.
Porté par la startup panafricaine Impact Diaspora, en partenariat avec l’AMVC et l’Association Internationale des Maires Francophones, le projet s’inscrit dans un programme plus large, baptisé Invest in Diaspora, qui prévoit d’accompagner une centaine de municipalités dans la mobilisation de leur diaspora. Le Cameroun ouvre ainsi la marche d’un déploiement appelé à s’étendre à la Côte d’Ivoire, au Sénégal, à la Tunisie, au Maroc et au Bénin.
Douze villes participent à cette phase de lancement, parmi lesquelles Douala, Yaoundé, Maroua, Bertoua, Limbe, Ebolowa, Bamenda, Bafoussam, Edéa, Garoua, Kribi et Kumba. D’autres collectivités rejoindront le dispositif dans les semaines à venir.
Dans les couloirs de l’assemblée, plusieurs participants évoquent l’enjeu de la confiance. La diaspora camerounaise, souvent disposée à contribuer mais parfois prudente quant à la gestion des projets locaux, devra être convaincue que la plateforme offre un canal transparent pour transformer ses idées, son expertise et ses ressources en réalisations concrètes. Les responsables présents à Bafoussam rappellent que les transferts de fonds envoyés chaque année par les Camerounais de l’étranger se chiffrent en centaines de milliards de francs CFA, majoritairement absorbés par les dépenses de consommation, d’éducation, de santé ou de logement des familles. L’enjeu, pour les villes, consiste désormais à orienter une partie de ces ressources et de ce savoir-faire vers des investissements porteurs d’emplois et de croissance pour les territoires.
À l’issue de la présentation, les maires se félicitent d’une initiative qui positionne le Cameroun parmi les pionniers africains de l’innovation territoriale au service du développement local, et qui confirme la volonté des villes du pays de renforcer leur attractivité en s’appuyant sur l’expertise de leurs ressortissants établis à l’étranger, qu’ils soient anglophones ou francophones, le site internet en compte les deux langues officielles du pays.



