Après la sortie du ministre des Finances, Transatlantic D a certes débuté le scanning, mais pour une raison bien précise.
Le port autonome de Douala (PAD) compte deux entreprises qui font du scanning des marchandises. Une situation « hautement embarrassante pour nous, entièrement pris entre le marteau et l’enclume. Qui écouter ? Qui ne pas écouter ? », confie un patron d’entreprise, régulier usager de la place portuaire de Douala.
Son embarras, dont le spectre touche l’ensemble des patrons d’entreprises et autres agents économiques qui font recours à l’export ou l’import au PAD a pris toute sa profonde racine le 26 décembre 2025.
Ce jour-là, Cyrus Ngo’o, le Directeur général du PAD rend public un communiqué. « A compter du 1er janvier 2026, les opérations d’inspection non intrusive des cargaisons (scanning) au port autonome de Douala-Bonabéri seront exclusivement assurées par Transatlantic D S.A, dans le cadre de la concession qui lui a été accordée par le port autonome de Douala. » « Les frais de scanning seront désormais payés directement aux Bureaux de Transatlantic D S.A situés dans l’enceinte du port au lieu-dit Immeuble Quifferou. » « Tout conteneur dont les frais de scanning n’auront pas été dûment réglés ne sera pas autorisé à poursuivre son cheminement dans la chaîne logistique portuaire… »
Un changement de cap, que ne laisse pas passer Louis Paul Motaze, ministre des Finances. Le 29 décembre, celui-ci saisit par courrier le patron du PAD. « Faisant suite à la lettre que vous aviez adressée le 08 décembre 2025, relativement à l’objet rappelé ci-dessus, correspondance dont vous m’avez fait tenir copie, je vous demande de vous en tenir, en cette matière, aux dispositions pertinentes du contrat d’inspection par scanner (CIS), que le Gouvernement a conclu avec la Société Générale de surveillance (SGS) le 02 mars 2015 en vue de renforcer la sécurisation des recettes douanières. »
Cette sortie gouvernementale se justifie, de l’avis de certains acteurs proches du dossier. Le premier est de respecter le rôle économique de la douane qui a pour missions, entre autres, d’assurer la lutte contre la fraude, la contrebande, la contrefaçon et le commerce illicite, la production des statistiques du commerce extérieur, la facilitation des échanges. Ses missions de sécurité portent sur la lutte contre la criminalité transfrontalière organisée, la lutte contre le terrorisme et le trafic des engins explosifs improvisés (EEI), la lutte contre la criminalité financière et le blanchiment des capitaux, la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres (ALPC) et leurs munitions, la lutte contre le trafic illicite des marchandises à double usage.
Toutes ces missions, assure SGS, sont respectées à son niveau depuis une décennie qu’elle est au PAD. Mais Transatlantic D souligne que le contrat du Cameroun avec SGS est « aujourd’hui arrivé à expiration » et « laisse derrière lui un constat sans appel : une décennie de défaillances opérationnelles, d’opacité financière et de failles sécuritaires majeures, ayant affaibli l’État, exposé les frontières et privé le Trésor public de ressources cruciales. »
En attendant de trouver la solution idoine à ce dossier, selon nos informations SGS continue à facturer et à scanner, tandis que que Transatlantic D scanne sans facturer. Raison avancée, il est question de passer d’abord par la phase expérimentale.
En attendant, le nouvel opérateur mis en classe expérimentale confie que « Transatlantic D opère à l’intersection de l’expertise opérationnelle locale et des standards internationaux de sécurité. Ses équipes, composées de plus de 100 experts et personnels qualifiés locaux, disposent d’une connaissance approfondie de la logistique portuaire, des procédures douanières, des flux de cargaisons et des réalités réglementaires propres à l’écosystème portuaire camerounais. Cette proximité opérationnelle permet un déploiement des activités de scanning parfaitement adapté aux contraintes et aux flux réels du terrain. »
Aloys Onana



