La Socapalm a publié un communiqué le 15 juin 2026 depuis Douala pour réagir à des articles de presse évoquant un litige foncier avec les communautés d’Apouh. L’entreprise vise notamment l’article d’Investir au Cameroun du 11 juin, qui rapportait le renvoi au 2 juillet 2026 d’une audience judiciaire et faisait état d’une revendication de rétrocession portant sur près de 200 hectares.
Selon la Socapalm, cette présentation procède d’une lecture inexacte des faits. « Le dossier concerné ne constitue pas un différend entre la communauté Apouh et la Socapalm, mais relève d’une procédure opposant la communauté Apouh à l’État du Cameroun, dans le cadre de la gestion et de la clarification du domaine foncier national », affirme l’entreprise.
Le contentieux judiciaire, introduit devant la juridiction administrative, porte sur cinq titres fonciers attribués le 10 août 1960 dans la zone d’Apouh à Ngog, arrondissement d’Édéa 1er. D’après les avocats des populations riveraines, l’action ne vise pas l’annulation de ces titres mais la constatation d’empiétements et l’obtention d’une rétrocession de superficies au profit des communautés. La première audience, prévue le 4 juin, avait été reportée au 2 juillet en raison d’une panne d’électricité au palais de justice.
Dans son communiqué, la Socapalm retrace l’origine de ces titres. Ils s’inscrivent, selon l’entreprise, « dans l’héritage des anciennes plantations issues de la SPROA et de la Société des Palmeraies de la Ferme Suisse, intégrées à la Socapalm lors de la fusion-absorption intervenue en 2010 ». Certains remontent aux années 1960 et font l’objet, précise le texte, d’un processus continu de sécurisation juridique et de mise à jour foncière.
L’entreprise indique mener depuis 2017, en collaboration avec le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, une démarche de clarification portant sur la redéfinition et la densification des limites de ses concessions sur l’ensemble de ses sites de production. Cette démarche s’appuie sur les travaux techniques d’une mission conjointe MINDCAF-Socapalm menée en septembre 2022, qui a permis, selon le communiqué, la conduite d’opérations de terrain en concertation avec l’administration, les communautés riveraines et des experts techniques.
Plusieurs opérations de restitution de parcelles ont déjà été engagées dans ce cadre. À Eséka, les travaux cadastraux validés ont conduit à la proposition de restitution de 8 834,08 hectares non exploités à l’État du Cameroun, sur une superficie initiale de 13 954 hectares, avant la cession du site à un autre opérateur dans le cadre du développement de la filière huile de palme. À Dibombari, les opérations de délimitation ont abouti à la proposition de restitution de 2 566,93 hectares à l’État, conformément aux conclusions des travaux cadastraux validés par les autorités compétentes.
D’autres médias rapportent que le processus se poursuit sur des sites tels que Mbongo, Mbambou et Kienké, et qu’une première descente de terrain associant administration, experts techniques et représentants de la communauté d’Apouh a déjà eu lieu à Édéa. La Socapalm assure y demeurer disponible pour un cadre contradictoire encadré par le préfet de la Sanaga-Maritime.
L’entreprise rappelle par ailleurs qu’elle exploite ces terres en tant que locataire de l’État dans le cadre d’un bail emphytéotique, une position qui limite selon elle sa capacité à rétrocéder directement des parcelles à des tiers, cette prérogative relevant du seul propriétaire des terres, l’État du Cameroun.



