La visite s’est déroulée en présence des responsables de la Division Régionale de Douala Agglomération et des équipes de la société BATRATEL, adjudicataire des travaux. Sur chaque site, le premier responsable de la Cameroon Water Utilities Corporation a pris la mesure de l’avancement des chantiers avant de formuler des instructions fermes. « Il a recommandé l’accélération des travaux pour le strict respect des engagements contractuels », indique la communication de l’entreprise.
Les quatre sites concernés sont Ndogbong, Cité des palmiers, Koumassi et Logbessou. Ce dernier a concentré une attention particulière. Situé en point haut de l’étage hydraulique de Douala, le secteur de Logbessou enregistre des difficultés d’accès à l’eau potable que les équipes s’emploient à résoudre par une approche combinée. « Les solutions en cours de déploiement intègrent l’injection d’un appoint d’eau issu du forage, ainsi qu’une alimentation renforcée par la capacité additionnelle de Japoma, soit +68 000 m³ par jour », précise l’entreprise publique. Face à l’urgence, le Directeur Général a instruit ses équipes de conduire sans délai les études nécessaires à la conversion du réservoir d’équilibre de 3 000 m³ en réservoir de distribution, une reconfiguration qui améliorera la desserte des quartiers Logbessou, Logpom, Kotto Village et Makepe.
Quatre composantes
Sur le site de Ndogbong, dont la configuration est identique aux trois autres, les travaux s’articulent autour de quatre composantes. La composante hydraulique prévoit la réalisation d’un forage industriel à tubage de 250 mm, pour une profondeur de 160 mètres et un débit attendu de 200 m³/h. À la date de la visite, le forage atteignait déjà 115 mètres de profondeur. Une électropompe de marque Grundfos, déjà acheminée sur site, sera installée à environ 100 mètres pour le refoulement de l’eau jusqu’à la bâche existante, via un réseau en fonte ductile.
La composante électrique porte sur l’installation d’une armoire de contrôle dans le local technique, destinée à gérer à la fois la pompe immergée et le dispositif de traitement. Une extension souterraine du tableau général basse tension (TGBT) alimentera cet équipement. La troisième composante concerne le traitement de l’eau à la sortie du forage, par chloration à travers un système comprenant une pompe doseuse, un bac de préparation et un agitateur mécanique, déjà mobilisés sur site. La quatrième composante, enfin, consiste en la construction du local technique devant abriter l’ensemble des équipements électriques et de traitement.
Ce projet de forages s’inscrit dans le cadre du budget prévisionnel de 84 024 498 221 FCFA adopté à l’unanimité par le Conseil d’Administration de la CAMWATER lors de sa 59e session ordinaire tenue le 29 décembre 2025, sous la présidence de Patrick Kum Bong Akwa. Ce document a été construit autour de priorités identifiées, l’amélioration de la production d’eau potable, l’extension de la desserte et la fiabilisation du réseau.
Le Directeur Général qualifie 2026 d’année « décisive », marquée notamment par le lancement des programmes SEWASH et PForR, la reconfiguration du réseau de distribution de Douala et le déploiement de 40 000 compteurs intelligents. En parallèle, la CAMWATER a engagé 10,66 milliards FCFA pour l’acquisition de produits chimiques de traitement de l’eau, financés sur le budget de fonctionnement 2026. Ces dépenses interviennent dans un contexte de pression accrue sur la qualité de l’eau distribuée, notamment après des défaillances techniques constatées sur certains sites de production.
L’entreprise doit par ailleurs relever le défi de la modernisation commerciale, avec la mise en œuvre d’un partenariat avec la CAMPOST pour la digitalisation de l’encaissement des factures, tout en contenant ses charges opérationnelles dans une conjoncture marquée par des contraintes de trésorerie structurelles. Le projet de forages urbains à Douala s’impose dans ce contexte comme un levier d’efficacité immédiate, moins capitalistique que la construction de nouvelles infrastructures lourdes, et susceptible de produire des résultats mesurables à court terme pour les populations des quartiers périphériques de la métropole économique.



