Le gouvernement camerounais fixe les contours du budget 2027 dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2027-2029, soumis au Parlement lors du Débat d’orientation budgétaire. Le projet de loi de finances reste à élaborer et à adopter. Le DPEB retient une croissance de 3,6 % en 2027, contre 3,5 % en 2026, avec un secteur non pétrolier à 4,3 % et un secteur pétrolier en repli de 24,6 %.
Le déficit budgétaire atteint 1 018 milliards de FCFA, contre 808,5 milliards en 2026, soit 209,5 milliards de plus. Le solde global passe de 2,2 % à 2,7 % du PIB. Les besoins globaux de financement s’élèvent à 3 161,5 milliards, dont 2 143,5 milliards de charges de financement et de trésorerie, qui incluent 1 602,5 milliards de dette financière à rembourser. Ces charges reculent de 373,8 milliards sur un an, avec 240 milliards de moins pour l’apurement des arriérés et 131 milliards de moins pour les titres publics.
Le plan de financement aligne 866,7 milliards de prêts-projets, 400 milliards de titres publics sur le marché régional, 250 milliards de financements bancaires directs, 131,5 milliards de réserves à la BEAC et un emprunt extérieur d’environ 1 000 milliards, après une opération de même taille prévue en 2026. Il inscrit aussi 300 milliards d’appuis budgétaires, soit 9,5 % des besoins et près de 30 % du déficit, qui dépend d’un nouveau programme avec le FMI.
Le programme précédent s’est achevé en 2025 et aucun accord n’est signé. Le DPEB qualifie cette absence de « risque majeur » pour la soutenabilité des finances publiques. Moody’s confirme la note Caa1 le 21 août 2026 et relie le ralentissement de l’exécution budgétaire aux retards des négociations avec le FMI.
Pour financer la trajectoire, l’État relève la pression fiscale de 12,9 % du PIB en 2026 à 13,3 % en 2027, avec 14,1 % visés en 2029, soit 0,4 point par an dont 0,3 pour les Impôts et 0,1 pour les Douanes. Les mesures annoncées portent sur la rationalisation des régimes dérogatoires, la fiscalité environnementale, la fiscalité des activités extractives notamment aurifères, l’extension de la taxation en temps réel et de la facturation électronique, et les obligations déclaratives sur les opérations intra-groupe. Les recettes douanières sont projetées à 1 297,7 milliards de FCFA, avec une re-fiscalisation progressive de certains produits de grande consommation, une rationalisation de la perception sur les hydrocarbures importés et une taxation à l’exportation indexée sur le niveau de transformation. Les recettes non fiscales sont ciblées à 428,5 milliards, pour un potentiel estimé à 600 milliards.
Côté charges, le service de la dette tombe à 7,2 % du PIB contre 8,5 % en 2026 et la masse salariale à 35,8 % des recettes fiscales nettes contre 38,4 %. Le déficit primaire non pétrolier recule de 2,5 % à 2,2 % du PIB. La dette publique monte à 50 % du PIB, contre 44,7 % à fin mars 2026, au niveau de la limite que le Conseil de cabinet du 26 juin 2026 entend ne pas dépasser. Le maintien des prix des carburants à la pompe représente 0,7 % du PIB de dépenses nouvelles en 2026.
Sur l’investissement, les besoins de décaissements sur ressources extérieures atteignent 1 254 milliards en 2027 pour un plafond de 925 milliards, et les administrations demandent 1 403,4 milliards de crédits additionnels. Le ministère des Finances priorise l’achèvement des projets en cours, dont la centrale de Kikot, les Compacts Énergie et Eau, Nachtigal et le redressement de la SOCADEL. Le DPEB programme un partenariat public-privé pour l’usine d’engrais de Limbé, la sécurisation des 200 000 hectares de la Plaine Centrale et des incitations à la transformation du bois avant l’interdiction d’exporter des grumes au 1er janvier 2028.
